« Il y a maltraitance quand une attitude, une parole, un geste ou un défaut d’action appropriée, singulier ou répétitif, se produit dans une relation avec une personne, une collectivité ou une organisation où il devrait y avoir de la confiance, et que cela cause, intentionnellement ou non, du tort ou de la détresse chez une personne adulte. »
Définition du Plan d’action pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2022-2027, p. 6.
La maltraitance peut se manifester sous deux formes :
Âgisme : Désigne la discrimination en raison de l'âge, par des attitudes hostiles ou négatives, des gestes préjudiciables ou de l'exclusion sociale, par exemple :
*L’âgisme est un type de maltraitance, mais il est aussi considéré comme un contexte de société qui peut entraîner des comportements maltraitants. L’âgisme n’est pas automatiquement de la maltraitance, même s’il peut être un terreau fertile au développement de celle-ci. Pour en apprendre davantage sur l’âgisme au sens plus large, consultez le cisssca.com/agisme.
Maltraitance matérielle ou financière : Désigne l’obtention ou l’utilisation frauduleuse, illégale, non autorisée ou malhonnête des biens ou des documents légaux de la personne, ainsi que la dissimulation d'information ou la mésinformation financière ou légale, par exemple :
Les personnes qui présentent une forme de dépendance envers quelqu’un, qu’elle soit physique, émotive, sociale ou d’affaires, sont plus à risque de subir ce type de maltraitance. Au-delà de l’aspect financier ou matériel, les conséquences peuvent toucher la santé physique ou psychologique de la personne en influençant sa capacité à assumer ses responsabilités ou à combler ses besoins.
Maltraitance organisationnelle : Désigne toute situation préjudiciable créée ou tolérée par les pratiques ou les procédures d’organisations (privées, publiques ou communautaires) responsables d'offrir différents soins ou services aux personnes, par exemple :
La maltraitance organisationnelle ne se limite pas seulement au réseau de la santé et des services sociaux. Il faut demeurer attentif à l’égard des lacunes des organisations de tout genre qui peuvent brimer à tout moment les droits individuels et collectifs des personnes. Ces lacunes peuvent également nuire au travail du personnel chargé d’offrir des soins ou des services aux personnes.
Maltraitance psychologique : Désigne les attitudes, les paroles, les gestes ou le défaut d’actions appropriées qui constituent une atteinte au bien-être ou à l’intégrité psychologique, par exemple :
La maltraitance psychologique est la plus fréquente et la moins visible. Elle accompagne souvent les autres types de maltraitance. Elle peut avoir des conséquences tout aussi importantes que les autres types de maltraitance.
Maltraitance physique : Désigne les attitudes, les paroles, les gestes ou le défaut d’actions qui portent atteinte au bien-être ou à l'intégrité physique, par exemple :
Certains indices de maltraitance physique peuvent être confondus avec des symptômes découlant de certains problèmes de santé. Dans ce cas, il est préférable de demander une évaluation de la santé physique ou psychologique de la personne.
Maltraitance sexuelle : Désigne les attitudes, les paroles, les gestes ou le défaut d’actions appropriées à connotation sexuelle non consentis qui portent atteinte au bien-être et à l'intégrité sexuelle, par exemple :
L’agression à caractère sexuel est avant tout un acte de domination. Les troubles cognitifs peuvent entraîner une désinhibition se traduisant par des gestes sexuels inadéquats. Ne pas reconnaître, se moquer ou empêcher une personne d’exprimer sa sexualité représente de la maltraitance et peut nuire au repérage et au signalement de celle-ci.
Violation des droits : Désigne toute atteinte aux droits et libertés, individuels et sociaux, par exemple :
Tous les types de maltraitance touchent la violation de droits. Il faut se rappeler que, quel que soit son âge, toute personne conserve pleinement ses droits. Seul un juge peut déclarer une personne inapte et nommer un représentant légal. Par ailleurs, la personne inapte conserve tout de même ses droits, qu’elle peut exercer dans la mesure de ses capacités.
Cet outil s’adresse à toute personne œuvrant auprès d’une personne aînée : intervenant, partenaire du milieu communautaire ou de l’habitation, bénévole, aide à domicile, policier, travailleur de milieu, etc. Il est aussi transposable pour toutes les personnes adultes en situation de vulnérabilité.
Il permet de mieux repérer des situations potentielles de maltraitance, de savoir quoi faire et comment agir lorsqu’on est témoin d’une situation de maltraitance, et de connaître les différentes ressources vers lesquelles orienter une personne en situation de maltraitance.
Cet outil permet à l’intervenant d’identifier les facteurs de risque et de protection chez une personne lors de l’évaluation et des suivis subséquents. Il tient compte à la fois des caractéristiques de la personne, de la ou des personnes maltraitantes ainsi que du contexte relationnel et environnemental. Le but de l’aide-mémoire est d’obtenir un résumé visuel des facteurs de risque et de protection afin d’appuyer l’identification des besoins d’évaluation et des mesures à mettre en place.