Une personne chère s'est suicidée... Il existe un groupe de soutien pour les personnes qui ont vécu le suicide d'un proche

Lorsque nous perdons un être cher par suicide, les jours, les semaines et même les mois qui suivent sont difficiles à traverser. Il est possible que vous vous sentiez plus vulnérable, envahi de questions et d’émotions (colère, peine, culpabilité, impuissance).

Malgré la solidarité et le soutien que votre entourage peut vous offrir, à certains moments, vous pourrez vous sentir seul, désemparé et ressentir le besoin de parler. À d’autres moments, vous aurez peut-être le goût de vous isoler ou de faire comme si la vie reprenait son cours.

Toutes ces réactions sont normales. Vous venez d’entrer dans une période de deuil, un temps de convalescence à la suite d’une blessure intérieure.

Des réactions à son départ

À la suite du décès d’un être cher par suicide, il se peut que vous :

  • Ressentiez de la culpabilité;
  • Recherchiez la faute que vous avez commise ou ce que vous avez omis de faire, et qui, selon vous, l’aurait fait changer d’idée face à son projet suicidaire;
  • Vous acharniez à trouver l’explication de son geste;
  • Ressentiez de la colère envers d’autres personnes de son entourage, envers des professionnels ou même envers Dieu;
  • Vous sentiez rejeté, seul, incompris ou isolé avec votre peine;
  • Viviez de la colère face à son abandon;
  • Ressentiez de la peine face à son absence;
  • Viviez de la honte de n’avoir pu empêcher son geste;
  • Soyez habité par des idées noires ou des idées suicidaires.

Étapes du deuil

À la suite du suicide d’un être cher, nous pouvons vivre les étapes suivantes :

  1. PHASE D’ENGOURDISSEMENT ET DÉNI
    Nous éprouvons de la difficulté à assimiler la réalité de la perte ainsi que la forme du décès. Protection temporaire pour absorber et intégrer cette réalité.

  2. PHASE DE PROTESTATION
    Deux éléments : l’émergence des émotions (douleur, détresse, dépression, etc.) qui se manifeste par des symptômes physiques et psychologiques; nous cherchons à comprendre et à donner un sens à cette perte (comprendre le pourquoi).

  3. PHASE DE DÉSORGANISATION
    Nous réalisons davantage ce qui se passe. Nous sommes alors envahis par les émotions : peine, colère, honte, culpabilité, etc. Nous continuons de chercher le « pourquoi », un coupable pour expliquer la mort. Nous remettons aussi en question nos valeurs, la vie, les relations, etc. Nous vivons de l’isolement.

  4. PHASE DE RÉORGANISATION
    Nous apprenons à vivre avec le suicide de l’être aimé et à accepter que nous ne comprendrons jamais parfaitement le sens de son geste. Tranquillement, nous reprenons l’intérêt au monde extérieur, nous créons de nouveaux liens.

Pour vous aider à traverser cette étape, nous vous invitons à :

  • Exprimer vos émotions;
  • Vous donner le droit de pleurer;
  • Vous donner du temps pour guérir;
  • Profiter de l’écoute et du soutien de votre entourage;
  • Prendre le temps de vous gâter;
  • Éviter l’alcool et la drogue; fuir son mal ne sert à rien;
  • Remettre à plus tard les grandes décisions;
  • Vous reposer;
  • Éviter les situations qui demandent trop d’énergie;
  • Consulter pour demander de l’aide professionnelle, au besoin.

Pourquoi demander de l’aide?

  • Parce qu’il peut être difficile de vivre seul cette étape;
  • Pour mieux se comprendre et être rassuré par rapport à ce que nous vivons;
  • Pour apprendre à nommer et à exprimer ses émotions;
  • Pour mieux comprendre le suicide;
  • Pour briser l’isolement.

Vous avez besoin d’aide pour vous-même ou pour un membre de votre entourage?
1 866 APPELLE (1 866 277-3553) 24 h/7 jours

Ce qu’en disent les personnes qui ont participé

« Le fait d’avoir un même vécu facilite la COMPRÉHENSION MUTUELLE »

« Voir une personne qui avance, redonne de l’ESPOIR »

« Avoir UN LIEU où je ne vis PAS LA PRESSION d’aller mieux est très précieux »

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