Bégaiement

Plusieurs conseils sont proposés afin d’accompagner les enfants qui bégaient et d’aider à reconnaître les signes indiquant que le bégaiement peut nuire à la fluidité du langage.

Quoi faire pour aider un enfant qui bégaie?

Vous aurez probablement remarqué que des conseils comme « Prends ton temps » ou « Répète » sont souvent inefficaces et peuvent même être mal perçus par l’enfant. En adoptant certains comportements, vous créerez des situations de communication agréables qui favoriseront davantage la fluidité chez l’enfant.

  • Parlez lentement et naturellement, en faisant des pauses dans vos phrases.
  • Lorsque la parole de l’enfant contient plus de bégaiement, vous pouvez reformuler lentement l’énoncé. Poursuivez ensuite la conversation, l’enfant sentira qu’on n’attend aucune réaction immédiate de sa part et l’échange demeurera agréable.
  • Ne l’interrompez pas même si vous pensez l’aider en finissant sa phrase, car cela pourrait le décourager et le dévaloriser. Laissez-le compléter ses énoncés par lui-même.
  • Ne précipitez pas les échanges verbaux. Assurez-vous que l’enfant a terminé son tour de parole avant de prendre le vôtre. En famille, portez attention à ce que chaque membre ait son tour pour s’exprimer.
  • Lorsque l’enfant vous parle, écoutez-le avec attention. Montrez-vous intéressé à ce qu’il dit pour poursuivre l’échange. C’est son message qui importe et non la façon dont il parle. Si vous ne pouvez lui accorder toute votre attention au moment où il vous parle, il est préférable de lui demander de patienter quelques minutes que de l’écouter à moitié.
  • Lorsque vous parlez avec l’enfant, portez attention pour ne pas le questionner continuellement. Commentez ce qu’il est en train de faire ou ce que vous faites si son intérêt est plutôt dirigé vers vous.
  • Réservez un peu de temps tous les jours si possible pour converser seul à seul avec l’enfant. Il appréciera ces moments privilégiés et il sera plus facile pour vous de penser à être un bon modèle de parole et d’écoute. Profitez-en pour développer sa confiance en ses habiletés à communiquer.
  • Ne demandez pas à l’enfant de corriger ses erreurs de langage (prononciation, structure de phrase et choix des mots). Reformulez simplement afin de lui fournir un bon modèle sans insister sur l’erreur et sans lui demander de répéter. On veut éviter que l’enfant ressente de la pression sur sa façon de parler.

Facteurs qui ont un effet sur la fluidité de la parole

  • La fatigue;
  • Le stress;
  • Le fait d’être pressé dans le temps;
  • Les émotions (ex. : l’excitation, la contrariété, etc.);
  • Les changements de routine;
  • Les attitudes de communication de la personne avec qui on parle.

Soyez compréhensif tout en tentant de contrôler les facteurs sur lesquels vous pouvez agir. Par exemple, selon la situation et votre connaissance de l’enfant, prévenez-le ou ne l’informez qu’à la dernière minute de l’activité à venir ou de la visite qui s’en vient.

La fluidité de la parole peut également varier d’une journée à une autre. Cette variabilité est normale dans le bégaiement.

Adaptez-vous selon les moments :

  • Quand les hésitations sont plus nombreuses : privilégiez les activités non verbales. Vous pouvez proposer à l’enfant de faire de la peinture, de lui lire des histoires, d’écouter de la musique, de faire une activité extérieure qu’il aime ou de lui chanter des comptines ou des chansons.
  • Quand la parole est plus fluide : privilégiez les activités verbales. Vous pouvez demander à l’enfant de vous raconter une histoire, d’animer des personnages, de jouer au magasin ou de vous raconter une activité ou un événement de sa journée.

Si l’enfant est conscient de ses difficultés, n’hésitez pas à parler ouvertement du bégaiement avec lui. Reconnaître et parler du bégaiement encouragera l’enfant à continuer à parler et pourra même le rassurer. L’important est que l’enfant ait une vision positive de lui-même en tant que communicateur, qu’il bégaie ou non. Pour ce faire, privilégiez un langage neutre pour parler du bégaiement comme « c’est plus facile ou difficile de parler » au lieu « c’est une bonne ou une mauvaise journée pour ton bégaiement ».

Informations supplémentaires pour un enfant de six ans et moins qui bégaie

Il est possible que le bégaiement chez un enfant soit transitoire, c’est-à-dire qu’il s’estompe avec le temps.

  • La plupart des jeunes enfants qui bégaient (75 %) retrouveront une parole fluide;
  • Une partie des jeunes enfants qui bégaient (25 %) vivront avec un bégaiement persistant;
  • Dans la population générale, environ 1 % des personnes bégaient.

Source : Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec

Pour certains enfants, le bégaiement pourrait persister jusqu’à l’âge adulte. C’est pourquoi il vaut mieux consulter en orthophonie, même s’il pourrait s’agir de bégaiement transitoire. L’orthophoniste pourra vous outiller pour favoriser la communication avec l’enfant.

Les études dans le domaine démontrent toutefois que certains facteurs prédisposent davantage l’enfant au bégaiement persistant :

  • Les antécédents familiaux de bégaiement persistant;
  • Être un garçon;
  • Le temps écoulé depuis l’apparition du bégaiement;
  • L’évolution du bégaiement et les signes de blocages ou de tension.

Les signes de détérioration

Les manifestations du bégaiement peuvent varier dans le temps. Si les signes ci-dessous apparaissent à la suite de votre demande en orthophonie, il sera important d’en informer l’orthophoniste à votre dossier ou d’en aviser notre programme en contactant le 811, option 2 :

  • L’enfant force pour faire sortir les mots;
  • L’enfant étire les mots quand il parle;
  • L’enfant fait des mouvements avec le visage ou le corps (ex. : cligner des yeux, bouger la tête ou mettre la main devant la bouche);
  • L’enfant a la difficulté à coordonner sa respiration avec la parole;
  • L’enfant parle moins, évite certaines situations ou vit des émotions négatives, comme la colère ou la tristesse.

Autres ressources :

Informations supplémentaires pour un enfant de six ans et plus qui bégaie

Il est possible que les enfants âgés de six ans et plus soient conscients de leur bégaiement. Il peut donc être pertinent de regarder les vidéos suivantes avec l’enfant pour ouvrir la discussion avec eux.

Signes d’évitement

Voici quelques signes d’évitement qui pourraient être observés chez l’enfant qui bégaie. Si de la détresse apparaît chez l’enfant à la suite de votre demande en orthophonie, il sera important d’en informer l’orthophoniste à votre dossier ou d’en aviser le programme en contactant le 811, option 2 :

L’enfant évite :

  • De dire certains mots;
  • De parler devant les autres ou demande à son parent de parler à sa place;
  • De participer en classe (pour poser ou répondre à une question du personnel enseignant);
  • De commencer une conversation;
  • D’être en groupe (évitement social);
  • De répondre à une question, même s’il connaît la réponse.

La présence de ces signes peut indiquer que l’enfant vit des émotions comme la frustration, l’anxiété ou la gêne en lien avec sa parole. Si l’enfant présente ces signes d’évitement, voici quelques stratégies pour l’accompagner :

  • Prendre le temps d’écouter l’enfant, sans terminer ses phrases;
  • Nommer l’émotion qu’il vit et la normaliser (ex. : « Ça peut être frustrant quand les mots ne sortent pas comme on veut »);
  • Encourager progressivement l’enfant à participer aux conversations, sans le forcer;
  • Collaborer avec l’enseignante ou l’enseignant de l’enfant pour discuter de ce qui l’aide.

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