Influenza aviaire A(H5N1) hautement pathogène

Voici les dernières informations disponibles concernant la situation de l’influenza aviaire A(H5N1) hautement pathogène dans la région de la Chaudière-Appalaches :

  • Aucun cas chez les oiseaux ou animaux d’élevage n’a été déclaré depuis l’automne 2022 dans la région.
  • Quelques cas chez des oiseaux sauvages ont été confirmés depuis 2022, mais aucun nouveau cas n’a été rapporté récemment.
  • Il est toujours possible que des cas non signalés surviennent chez des oiseaux ou mammifères sauvages.
  • À titre indicatif, la carte des oiseaux sauvages testés positifs se trouve ici : Influenza aviaire hautement pathogène - Oiseaux sauvage

Consultez nos derniers appels à la vigilance ici : https://www.cisssca.com/appels-a-la-vigilance.

1) Indications de suspecter l’influenza aviaire A(H5N1) chez une personne

Définition d’une personne sous investigation (PSI) :

1. Personne ayant des symptômes cliniques compatibles*

ET ayant eu une exposition sans protection adéquate au cours des 10 jours précédant l’apparition des symptômes :

  • À un animal hautement suspecté** ou confirmé positif pour l’influenza aviaire A(H5N1), ses liquides biologiques, ses fientes ou excréments ou lors d’activités générant des aérosols dans un environnement contaminé
    OU
  • À des matières biologiques connues pour contenir le virus de l’influenza en laboratoire
    OU
    Par contact étroit (moins de deux mètres) avec un cas humain probable ou confirmé.

OU

2. Personne hospitalisée en raison de symptômes cliniques compatibles*

ET ayant eu une exposition sans protection adéquate au cours des 10 jours précédant l’apparition des symptômes à un oiseau sauvage ou d’élevage pour lequel le statut pour l’influenza aviaire A(H5N1) est inconnu, ses liquides biologiques, ses fientes ou lors d’activités générant des aérosols dans un environnement contaminé.

ET ayant un résultat positif pour l’influenza A pour lequel le résultat des tests de laboratoire de
sous-typage est en attente ou inconnu.

La présence d’une conjonctivite chez un patient hospitalisé qui a un résultat positif pour l’influenza A, même en l’absence d’exposition connue à des oiseaux, devrait également soulever la suspicion de grippe aviaire (il est recommandé d’en discuter avec l’infectiologue de garde).

*Symptômes cliniques compatibles :

  • Apparition soudaine de fièvre de cause inconnue
    OU
  • Toux nouvelle ou exacerbée
    OU
  • Difficultés respiratoires nouvelles ou aggravées
    OU
  • Conjonctivite
    OU
  • Combinaison d’au moins deux symptômes non spécifiques : rhinorrhée, fatigue inhabituelle, céphalée, myalgie, diarrhée, mal de gorge, arthralgie, prostration, symptômes neurologiques.

**Animal hautement suspecté : résultat préliminaire positif H5, détecté par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec et en attente de confirmation par l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

La Direction de la santé publique (DSPublique) est informée lorsque le MAPAQ et l’ACIA confirment qu’un élevage avicole ou bovin laitier est atteint de l’influenza aviaire A(H5N1). En collaboration avec le responsable de l’élevage concerné, la DSPublique identifie les personnes exposées et intervient auprès d’elles. Lorsqu’une personne exposée présente des symptômes compatibles avec l’IA, la DSPublique collabore avec les cliniciens et cliniciennes pour qu’elle soit testée pour la détection de l’influenza A(H5N1) dès que possible, en utilisant des trajectoires préétablies.

Source : https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/publications/3274-gestion-cas-humain-influenza-aviaire-a-h5n1-milieux-soins.pdf

Les personnes présentant des symptômes d’influenza, mais sans exposition significative au virus de l’influenza aviaire A(H5N1), ne nécessitent aucune mesure supplémentaire autre que celles prévues pour la gestion d’un cas d’influenza humain.

2) Quoi faire en cas de suspicion d’influenza aviaire A(H5N1) chez une personne

Les personnes qui ont eu une exposition significative au virus de l’influenza aviaire A(H5N1) sont généralement connues de la santé publique et ne seront pas référées dans un milieu de soins sans avis préalable, sauf si elles se présentent d’elles-mêmes pour des soins urgents.

Cependant, il est possible qu’une personne échappe au processus prévu, par exemple si elle se présente spontanément avant que la DSPublique ait pu la joindre ou avant que l’information sur son exposition ait été transmise.

Une personne sous investigation, selon les critères décrits précédemment, doit faire l’objet d’un test de recherche de l’influenza.

! Des précautions additionnelles de type aériennes-contact doivent être appliquées pour ces personnes.

Procédure en milieu hospitalier :

  • Prescrire le test selon les protocoles de votre milieu clinique.
  • Contacter le laboratoire pour l’aviser du prélèvement.
  • Informer la DSPublique et le service de prévention et contrôle des infections (PCI) de votre établissement.

Procédure hors milieu hospitalier :

  • Prescrire le test de recherche de l’influenza.
  • Contacter la DSPublique.
  • Une trajectoire de dépistage sécuritaire sera mise en place dans un Point de service local (PSL).
  • Spécifier sur la requête : « Suspicion de grippe aviaire ».

3) Mesures de prévention et de contrôle des infections (PCI)

Les mesures de prévention et de contrôle des infections à appliquer sont décrites dans le document suivant :

Institut national de santé publique du Québec (avril 2025). Mesures de prévention et contrôle des infections pour la gestion d’un cas humain de grippe aviaire A(H5N1) en milieu de soins.

Mesures à appliquer pour les personnes exposées au virus de l’influenza aviaire A(H5N1), mais ne présentant PAS de symptômes compatibles :

  • Appliquer les précautions additionnelles de type gouttelettes, incluant le port du masque médical, lorsqu’on se trouve à moins de deux mètres de la personne exposée, et ce, jusqu’à 10 jours après la dernière exposition significative.
  • Port de la protection oculaire selon les pratiques de base en vigueur.

4) L’influenza aviaire A(H5N1). : symptômes et clinique

L’influenza aviaire A(H5N1) peut se manifester par une conjonctivite et des signes semblables à ceux de la grippe saisonnière (ex. : toux, fièvre, dyspnée, céphalée, myalgies, rhinorrhée). Des maladies graves, comme la pneumonie ou l’insuffisance respiratoire, sont aussi signalées.

5) Épidémiologie et historique de la grippe aviaire H5N1 au Québec et au Canada

En décembre 2021, un premier cas de grippe aviaire causé par le virus de l’influenza aviaire A(H5N1) hautement pathogène (IAHP), clade 2.3.4.4b, a été confirmé chez un oiseau sauvage au Canada.

Depuis, au Québec, des centaines de cas suspects ou confirmés ont été identifiés chez des oiseaux sauvages dans pratiquement toutes les régions, ainsi que dans plus d’une cinquantaine d’élevages d’oiseaux domestiques.

Des mammifères dans plusieurs pays ainsi que des bovins laitiers aux États-Unis ont également été infectés.

Comme plusieurs experts estiment que ce virus représente une potentielle menace pandémique, le réseau de la santé se prépare progressivement à cette éventualité.

Cas humains rapportés :

  • Québec : aucun cas humain rapporté.
  • Canada : un seul cas humain a été rapporté, à l’automne 2024, en Colombie-Britannique. La personne a récupéré.

6) Quelles sont les personnes les plus à risque de contracter la grippe aviaire?

Le risque d’acquisition du virus de l’influenza aviaire A(H5N1), clade 2.3.4.4b, est actuellement considéré comme faible à très faible pour la population générale.

Il est toutefois faible à modéré pour les personnes exposées professionnellement dans une ferme contaminée.

Un risque existe également pour les personnes ayant un contact étroit avec :

  • Des oiseaux sauvages malades;
  • Ou tout autre mammifère sauvage ou domestique potentiellement infecté.

À ce jour, aucune transmission interhumaine du virus A(H5N1) de clade 2.3.4.4b n’a été documentée.

Cependant, le virus mute rapidement, et le risque de transmission aux humains et entre humains pourrait évoluer.

7) Vaccination

La vaccination est offerte dans la région à un nombre restreint de personnes ciblées comme étant à risque de contact avec des oiseaux potentiellement infectés. Ces personnes ont été identifiées et contactées par le CISSS de Chaudière-Appalaches à la fin de l’été 2025.

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