Maladie de Lyme

Que faut-il savoir pour bien intervenir?

Déjà connue ailleurs, la maladie de Lyme a été notée pour la première fois en Amérique du Nord en 1977 dans la ville de Lyme au Connecticut, à la suite de l’observation d’un nombre anormalement élevé de cas d’arthrites chez les enfants. Les tiques porteuses de la maladie de Lyme sont établies pratiquement dans toutes les régions du Québec, sauf les régions les plus nordiques : Nord du Québec, Territoires cris et Nunavik et particulièrement dans les régions plus au sud, en Estrie et en Montérégie. Bien que les cas humains de maladie de Lyme soient peu fréquents dans notre région, des tiques infectées par la bactérie Borrelia burgdorferi, responsable de la maladie, sont régulièrement retrouvées. Le risque de transmission par piqûre de tique, bien que faible demeure donc possible. Ces quelques questions-réponses pourraient vous aider à gérer certaines situations courantes reliées à cette problématique. Pour de l’information additionnelle, voir les documents cités en référence.

Comment déclarer une MADO

Connaître et déclarer les maladies à déclaration obligatoire


Déclaration par télécopieur :
418 389-1560
(numéro confidentiel)

Quelle est l'épidémiologie actuelle de la maladie de Lyme au Québec?

Depuis 2014, un cas de maladie de Lyme acquis en Chaudière-Appalaches.

Le nombre de cas de maladie de Lyme acquis au Québec est en nette progression depuis les dernières années.

Nombre de cas de la maladie de Lyme déclarés au Québec selon le lieu probable d'acquisition, 2011 à 2019 :

 

Source : https://www.msss.gouv.qc.ca/professionnels/zoonoses/maladie-lyme/tableau-des-cas-humains-lyme-archives/ consulté le 2020-07-15

La maladie de Lyme est devenue une maladie à déclaration obligatoire (MADO) en novembre 2003. Depuis ce temps, 13 cas ont été déclarés en Chaudière-Appalaches, soit 2 en 2009, 3 en 2013, 2 cas en 2014, 1 en 2015, 1 en 2016 et 3 en 2017. En 2018, un cas a été confirmé, cependant, la maladie a été acquise à l’extérieur de la région, en Europe. Ainsi, la région de la Chaudière-Appalaches est considérée comme une région à risque faible jusqu'à maintenant.

À l’exception des régions nordiques, des tiques positives à B. burgdorferi ont été retrouvées dans toutes les régions du Québec. Dans l’ensemble, 24% des tiques acheminées par la surveillance passive étaient positives à B. burgdorferi. Parmi les tiques collectées en surveillance passive et active, 24 étaient positives pour Anaplasma phagocytophilum, 2 pour Babesia microti, 6 pour Borrelia miyamotoi et 0 pour le virus de Powassan.

Grâce au programme de surveillance passive des tiques recueillies chez les humains, un total de 56 tiques retrouvées chez des humains ont été analysées en Chaudière-Appalaches en 2019. Les analyses ont montré que 23% d’entre elles (13/56) étaient porteuses de la bactérie Borrelia burgdorferi, responsable de cette infection.

Guide d'identification des tiques

Le LSPQ a mis en ligne un Guide d’identification des tiques du Québec qui vise à informer les médecins, les vétérinaires et les autres professionnels de la santé sur les principales tiques trouvées au Québec et à les outiller pour l’identification des spécimens qui leur sont apportés par la population.

Programme de surveillance « eTick »

L’Université Bishop’s, en collaboration avec le LSPQ et l’Agence de la santé publique du Canada, a déployé en ligne le programme « eTick », un programme de surveillance des tiques. Il s’agit d’une plateforme Web où les citoyens peuvent soumettre des photos de tiques collectées sur eux-mêmes, sur leur animal de compagnie ou dans l’environnement : www.etick.ca.

La collaboration entre citoyens et chercheurs facilite le suivi de l’arrivée de nouvelles espèces, dont celles qui peuvent constituer un risque pour la santé publique. En soumettant une photo de tique, l’utilisateur reçoit en moins de 48 heures de l’information sur la tique collectée et sur la marche à suivre après une piqûre de tique. L’accès à la plateforme eTick est gratuit.

Cette initiative vise à amener la population à s’engager dans le processus de surveillance des tiques, à améliorer la diffusion des messages de santé publique et, ultimement, à collecter de grandes quantités de données sur la répartition des tiques au Québec.

Comment se transmet la maladie de Lyme?

La maladie de Lyme est causée par la bactérie Borrelia burgdorferi (Bd). Cette maladie est une borréliose qui s’attrape par la morsure d’une tique infectée du genre Ixodes : I. scapularis (nord-est de l’Amérique), I. pacificus (nord-ouest de l’Amérique), I. ricinus (Europe) et I. persulcatus (Asie).

Un temps de contact prolongé entre la tique et la peau d’au moins 24 heures est nécessaire à la transmission de l’infection.

Certaines tiques acquièrent la bactérie dans leur estomac lorsqu’elles piquent des souris à pattes blanches qui sont infectées. Lors de la piqûre suivante, la tique transmet la bactérie à son hôte. Le risque de transmission de la bactérie augmente avec la durée de la piqûre. Le risque de transmission est très faible avant 24 heures et plus important après 72 heures.

Quelles actions privilégier?

Si un patient vous consulte avec une tique encore présente sur la peau, comment la retirer?

Il est important de retirer la tique aussitôt que possible, car le risque de transmission de la maladie de Lyme augmente avec la durée de la piqûre. La grosseur de la tique varie grandement selon qu’il s’agisse d’une nymphe (1,3 - 1,7 mm) ou encore d’une adulte engorgée de sang (plus de 5 mm).

Apparence et taille de la tique à pattes noires

Pour retirer une tique :

  • Utiliser une pince fine aux extrémités pointues (pince à écharde). Saisissez la tique en étant le plus près possible de la peau. Il est important de ne pas presser l'abdomen de la tique, car cela augmente le risque de transmission de la bactérie.
  • Tirez la tique doucement, mais fermement et de façon continue, sans la tourner ou l'écraser. Si la tête de la tique reste implantée dans la peau, vous pourrez ensuite la retirer délicatement avec la pince. Cette partie ne peut plus transmettre la maladie.
  • Placez la tique retirée de la peau dans un contenant qui ferme de façon étanche, comme un contenant à pilules vide.
  • Après avoir enlevé la tique, nettoyez la peau avec de l'eau et du savon, et lavez-vous bien les mains.

Après une piqûre de tique, la personne devrait être avertie de consulter si elle présentait un ou plusieurs symptômes de la maladie de Lyme dans les 3 à 30 jours après avoir été piquée.

Source : quebec.ca/sante/conseils-et-prevention/sante-et-environnement/retrait-de-tique-en-cas-de-piqure/

Doit-on faire analyser la tique et comment procéder?

L’analyse de la tique n’a pas de valeur pour déterminer la conduite à adopter pour une personne ayant été en contact avec une tique ou présentant des symptômes de maladie de Lyme.

À des fins de surveillance épidémiologique seulement, une tique prélevée sur un humain peut être envoyée au laboratoire de votre hôpital, dans un contenant sec accompagné du formulaire « Demande d’analyses pour les tiques prélevées sur un humain ». Votre laboratoire l’acheminera par la suite au Laboratoire de santé publique du Québec pour analyse.

Depuis 2018, les résultats des analyses de détection moléculaire effectuées pour savoir si la tique est porteuse d’agents pathogènes ne seront pas transmis aux cliniciens. Ces analyses servent exclusivement à des fins de surveillance pour l'INSPQ et ne doivent pas être utilisées comme outil d’aide au diagnostic.

Doit-on donner des antibiotiques en prophylaxie?

La prophylaxie post-exposition (PPE) est indiquée après une piqûre de tique provenant de certains secteurs des régions du Québec ou d’autres zones considérées endémiques, aux États-Unis ou en Europe, si les conditions suivantes sont remplies :

  • Le délai entre le retrait de la tique et le début de la PPE ne dépasse pas 72 heures;
    ET
  • La tique est restée accrochée à la peau pendant 24 heures ou plus;
    ET
  • La personne a été piquée dans une zone endémique.

Chaudière-Appalaches n’est pas considérée comme une zone endémique pour la maladie de Lyme.

L’antibioprophylaxie n’est généralement pas recommandée après une piqûre de tique survenue au Québec. Cependant, un groupe d’experts mandaté par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) est d’avis que la PPE à base de doxycycline peut être offerte à une personne qui a été piquée par une tique dans des régions de l’Estrie et de la Montérégie, Outaouais, Mauricie-Centre-du-Québec.

La liste des municipalités situées dans les secteurs géographiques identifiés par l’INSPQ pour considérer l’offre de PPE en présence d’une piqûre de tique est disponible sur le site Web du MSSS. Il est aussi possible de consulter la carte de risque d’acquisition de l’INSPQ .

Pour des informations plus détaillées, vous pouvez consulter :

Quelles sont les recommandations à donner à la personne piquée?

Toutes les personnes qui ont subi une piqûre de tique, qu’elles aient reçu ou non une PPE, doivent être informées de surveiller l’apparition d’éventuels symptômes pendant les 30 jours qui suivent (voir question suivante) et de consulter au besoin. Pour les aider, elles peuvent utiliser la « Feuille de suivi » produite par l’INESSS.

Quels sont les symptômes de la maladie de Lyme?

Le diagnostic de la maladie de Lyme est un diagnostic clinique. Les symptômes de la maladie de Lyme apparaissent généralement entre 3 et 30 jours après la piqûre d'une tique infectée. La maladie se présente généralement en trois stades cliniques plus ou moins juxtaposés et entrecoupés de périodes de latence. Ils sont les suivants :

  • Stade localisé (parfois nommé précoce) : apparaît habituellement entre 3 et 30 jours après l’infection, mais c’est possible jusqu’à 3 mois après la piqûre.
  • Stade disséminé précoce : Apparaît entre quelques jours après l’érythème migrant isolé et quelques semaines après l’infection (jusqu’à 6 mois après la piqûre).
  • Stade disséminé tardif : Apparaissent quelques semaines, voire quelques mois, après l’infection (jusqu’à un an après la piqûre).

L'évolution clinique est variable d'un individu à l'autre.

Comment reconnaître la maladie?

Erytheme migrantLe symptôme le plus courant est l’érythème migrant, lésion cutanée érythémateuse sur la peau, qui apparaît généralement à l'endroit de la piqûre, le plus fréquemment aux cuisses, aux aines, aux aisselles ou au tronc, mais qui peut apparaître n’importe où sur le corps. Cette rougeur est présente dans 70 à 80 % des cas d'infection. Elle s'agrandit de jour en jour jusqu’à atteindre 5 à 15 cm de diamètre. Son aspect et sa forme varient beaucoup : elle peut être homogène, annulaire ou en cible. Cette lésion disparaît en quelques jours ou après quelques semaines, même sans traitement.

L’érythème migrant doit être distingué d’une réaction d’hypersensibilité à une piqûre, laquelle apparaît quelques heures après la piqûre, mesure moins de 5 cm et disparaît en 24 à 48 heures.

D’autres symptômes peuvent accompagner cette rougeur :

  • fièvre;
  • fatigue;
  • céphalées;
  • raideur à la nuque;
  • myalgies et arthralgies;
  • anorexie;
  • adénopathie régionale.

La maladie de Lyme peut affecter un ou plusieurs systèmes (articulaires, cardiaques, neurologiques, etc.) dans les semaines ou les mois qui suivent l’infection. L’infection tardive peut produire des atteintes articulaires, de l’acrodermatite chronique, des polyradiculopathies et de l’encéphalomyélite chronique, etc.

Quand doit-on faire une sérologie?

Le diagnostic de la maladie de Lyme est clinique, cependant, une sérologie est souvent utile. Avant de la prescrire, il faut tenir en compte de l’évaluation préliminaire de deux éléments : les symptômes du patient et son exposition aux tiques. Les anticorps sont généralement détectables de 4 à 6 semaines après le début des symptômes.

La sérologie n'est d'aucune valeur diagnostique chez le patient asymptomatique, même s’il a subi une piqûre de tique. De plus, il n’est pas indiqué de tester des patients qui n’ont pas eu d’exposition aux tiques et qui présentent des symptômes non spécifiques (ex. : fatigue chronique), car la possibilité d’un faux positif est élevée. D’autres affections peuvent aussi interférer avec les épreuves sérologiques, comme certaines maladies auto-immunes, la syphilis, la leptospirose et une rickettsiose.

La sérologie devrait être réservée aux patients qui présentent des symptômes compatibles avec la maladie de Lyme, sinon le risque de faux positif est élevé et l’interprétation difficile.

La sérologie est toutefois indiquée dans les circonstances suivantes :

  • Tableau clinique compatible avec la maladie de Lyme

ET

  • Lésion cutanée documentée non typique d’un EM isolé avec d’autres atteintes du stade disséminé précoce
    Ou
  • Lésion cutanée multiple ou atteinte cardiaque ou neurologique
    Ou
  • Atteinte articulaire avec ou sans autres atteintes

Si les résultats sérologiques sont négatifs et que la maladie de Lyme est suspectée, une seconde sérologie, effectuée de quatre à six semaines après le début des symptômes, est recommandée. Les demandes adressées au laboratoire doivent être accompagnées des renseignements obligatoires (région/pays visité, date de voyage). Consultez le nouvel outil d’aide au diagnostic.

La maladie de Lyme est une maladie à déclaration obligatoire par le médecin. Au besoin, le professionnel peut communiquer avec la direction de santé publique de Chaudière-Appalaches pour plus d’informations.

Comment prescrire une sérologie pour diagnostiquer la maladie de Lyme?

La maladie de Lyme présente une complexité particulière qui recoupe le diagnostic, la surveillance et différents travaux découlant de la Commission sur la santé et les services sociaux de mars 2018 et de l'INESSS, qui a récemment publié un guide sur les meilleures pratiques concernant le diagnostic.

À la suite de ces travaux, des modifications au sujet du diagnostic sérologique sont entrées en vigueur depuis le 1er septembre 2019. Consultez la fiche qui résume les nouvelles directives.

Pour plus d’information, nous vous invitons à consulter le site Web de l’INESSS.

Comment se protéger de la maladie de Lyme?

Afin d’éviter les piqûres de tiques lorsque l’on pratique des activités en forêt, dans les boisés ou les hautes herbes il faut :

  • Marcher de préférence dans les sentiers et évitez les herbes hautes;
  • Bien entretenir la végétation autour de la maison, particulièrement près des aires de jeux des enfants;
  • Utiliser un chasse-moustiques à base de DEET ou d’icaridine sur les parties exposées de votre corps, en évitant le visage. Pour savoir quels chasse-moustiques choisir et comment les utiliser de façon sécuritaire, consultez les conseils d'utilisation des chasse-moustiques;
  • Porter des vêtements de couleurs claires, car ils rendent les tiques plus visibles;
  • Porter un chapeau, des souliers fermés et des vêtements longs;
  • Entrer le bas de votre pantalon dans les chaussettes;
  • Inspecter minutieusement tout votre corps et celui des enfants afin de vérifier si des tiques sont accrochées à la peau, car le risque de transmission de la maladie de Lyme par la tique est faible si la tique reste accrochée à la peau moins de 24 heures.

Pour en savoir plus

Sérologie
Nouvelles directives pour le diagnostic sérologique


Traitement

Pour connaître le traitement approprié selon les stades de l'infection, les atteintes cliniques et la clientèle, consultez les guides produits par l'INESSS :

Saviez-vous que

Des cartes des endroits à risque de maladie de Lyme sont disponibles :

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