Arboviroses

Généralités

« Arboviroses» est un terme général utilisé pour décrire les infections causées par un groupe de virus transmis à l'homme par la piqûre d'arthropodes infectés tels que les moustiques et les tiques. Ces infections surviennent généralement pendant les mois chauds, lorsque les moustiques et les tiques sont actifs. Ces maladies incluent l'encéphalite californienne, le chikungunya, la dengue, l'encéphalite équine orientale, l'encéphalite de Powassan, Saint-Louis, le Nil occidental, la fièvre jaune et le zika.

Les arbovirus en émergence au Canada sont l’encéphalite équine de l’Est (EEE) et le plus souvent rencontré, le virus du sérogroupe California (VSC). Le virus de Jamestown Canyon et le virus Snowshoe hare sont les types les plus répandus de VSC partout au Canada.

Ces agents pathogènes potentiels peuvent contribuer à un fardeau de la maladie plus élevé que celui reconnu auparavant et doivent être pris en compte dans le cadre du diagnostic différentiel des maladies fébriles et neuro-invasives pendant la saison des moustiques.

Surveillance humaine

Au Québec, seules les encéphalites transmises par arthropodes (ETA) sont des maladies à déclaration obligatoire (MADO).

En 2018, 25 cas d’ETA ont été déclarés au Québec :

  • 13 virus Jamestown Canyon (VJC);
  • 1 virus Snowshoes Hare (VSSH);
  • 2 virus du sérogroupe Californie (VSC) non précisé ou VNO/VSC.

La létalité de la maladie était de 20 %. Tous les cas ont été acquis au Québec sauf un cas acquis en Ontario.

En Chaudière-Appalaches, un cas a été déclaré en 2018, il s’agissait d’un VSC (Jamestown canyon et Snowshoe hare).

Tests de confirmation de la maladie

Le LNM a modifié son algorithme d’analyse des VSC, le 1er janvier 2019 (Guide des services du LNM). Ce changement a été implanté pour mieux diagnostiquer les cas d’infection et faciliter l’interprétation des résultats. Dorénavant, toute demande de sérologie pour les VSC devra inclure l’information clinique et épidémiologique complète pour initier les tests. La priorisation des tests sera faite pour les cas avec atteintes neurologiques objectivés.

De plus, les tests seront faits exclusivement sur une paire de sérums prélevés en phase aiguë et en phase de convalescence espacés de deux à trois semaines. Une paire d’échantillons constituée d’un sérum et d’un liquide céphalorachidien seront également acceptés pour une sérologie.

Les TAAN ne seront pas offerts de routine, car leur sensibilité est très faible. Le LNM déterminera si une analyse moléculaire est envisageable après la réalisation des tests sérologiques.

Recommandations

Aucun traitement prophylactique n'est actuellement offert sur le marché. La mesure de prévention la plus efficace consiste à éviter les piqûres de moustiques.

La mise en place de certains moyens peut contribuer à réduire le nombre de moustiques dans son environnement afin de se protéger des piqûres.

Maladie à déclaration obligatoire

Les ETA sont des maladies à déclaration obligatoire (MADO) par les laboratoires et les médecins, à l’échelle nationale. Tous les cas doivent être signalés aux autorités de santé publique locales dans les meilleurs délais. Les rapports peuvent aider les autorités locales, régionales et nationales à reconnaître les épidémies et à mettre en œuvre des mesures de contrôle afin de réduire les infections futures.

Virus du Nil occidental (VNO)

Épidémiologie

Au Québec, en 2018, 201 cas humains d’infection par le virus du Nil occidental (VNO) ont été déclarés aux autorités de santé publique. Parmi ces 201 cas, la majorité (84 %) des cas cliniques ont été hospitalisés, dont près du tiers (31 %) aux soins intensifs et quinze décès liés au VNO ont été rapportés. De plus, dix cas asymptomatiques ont été déclarés par Héma-Québec et pour trois cas, la catégorie clinique n’a pu être précisée (source : Flash Vigie, juin 2019). Depuis 2002, les cas se répartissent dans 14 régions du Québec, celles le plus au sud ayant le plus grand nombre de cas (Montérégie, Laval, Montréal et les Laurentides).

En ce qui concerne la région de la Chaudière-Appalaches, deux cas ont été déclarés en 2018.

VNO, cas confirmés selon la région de résidence Québec, années 2002 à 2018 :

* La catégorie « Autres » comprend les régions qui ont rapporté entre 1 et 3 cas depuis 2015 (période 2015-2018), soit celles de Bas-Saint-Laurent, Saguenay‒Lac-Saint-Jean, Mauricie et Centre-du-Québec, Outaouais, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et Chaudière-Appalaches. Par ailleurs, depuis le début de la surveillance, en 2002, aucun cas n’a été rapporté par les régions Côte-Nord, Nord-du-Québec, Nunavik et Terres-Cries-de-la-Baie-James. Source : Source : INSPQ, données extraites de l'Infocentre le 11 juin 2019.

Présentation clinique

Les symptômes d’une infection par le VNO sont variés :

  • Aucun symptôme dans la plupart des cas. En effet, environ 80% des personnes infectées ne présenteront aucun symptôme.
  • Symptômes bénins dans 20% des cas. Les infections symptomatiques s’apparentent, pour la majorité, au syndrome d’allure grippale (aussi appelé la fièvre du Nil) : fièvre, myalgies, céphalées, problèmes gastro-intestinaux ainsi qu’un rash maculopapulaire chez 30 à 50 % des patients symptomatiques.
  • Symptômes sévères chez environ une personne sur 150. Ces symptômes sévères peuvent comprendre une forte fièvre, des maux de tête, une raideur de la nuque, une stupeur, une désorientation, un coma, des tremblements, des convulsions, une faiblesse musculaire, une perte de vision, des engourdissements ou une paralysie.

Les personnes âgées de plus de 50 ans de même que celles dont le système immunitaire est affaibli sont plus à risque de ce type de complications.

La létalité se situe entre 4 et 14 % pour les cas d’infection sévère et ce taux serait supérieur parmi les personnes âgées de plus de 50 ans.

Le tableau ci-dessous présente les caractéristiques cliniques et l'évolution des cas humains d'infection par le VNO acquis au Québec, en 2018.

 Source : SIDVS-VNO. Données extraites le 11 mars 2019.

Diagnostic différentiel

Le diagnostic doit être envisagé chez les personnes atteintes d'une maladie neurologique fébrile ou aiguë, avec des antécédents d’exposition à des moustiques lors d’activités extérieures, particulièrement de juin à septembre, dans des zones où une activité virale a été rapportée.

Le diagnostic différentiel nécessite d’exclure d’autres types d'encéphalite et de méningite aseptique (ex. : virus de l'herpès simplex et entérovirus), d'autres arbovirus (ex. : virus de sérogroupe Californie, l'encéphalite de La Crosse et de Saint-Louis, l'encéphalite équine de l'Est et l’encéphalite de Powassan).

Il est important d’effectuer une première sérologie au début des symptômes suivi d’une deuxième sérologie entre 14 à 21 jours pour permettre de confirmer le diagnostic.

Virus du sérogroupe Californie (VSC)

Voir le site du ministère de la Santé et des Services sociaux

Encéphalite équine de l'Est (EEE)

Voir le site du ministère de la Santé et des Services sociaux

Partager