Prophylaxie préexposition au VIH

Pourquoi?

La prophylaxie préexposition (PPrE) est maintenant considérée comme une des stratégies efficaces visant à contrôler l'épidémie d'infections à VIH. Basée sur le traitement préventif des personnes à risque au regard de cette infection, elle consiste en l'administration de médicaments actifs contre le VIH avant une exposition potentielle.

Pour qui?

Un groupe d'experts québécois a récemment émis des recommandations sur l'utilisation de la PPrE.

Source : MSSS, (Novembre 2017). La prophylaxie préexposition au virus du VIH : Guide pour les professionnels de la santé du Québec, page 18.

Comment?

Examens requis avant de débuter la PPrE

  • Statut sérologique à l'égard du VIH : doit être déterminé peu de temps avant le début de la PPrE;
  • Dosage de la créatinine sérique;
  • Analyse d'urine;
  • Tests de dépistage des ITS (infection à Chlamydia, infection gonococcique et syphilis);
  • Analyses sérologiques pour détecter les hépatites B et C;
  • Statut immunitaire à l'égard des hépatites A et B.

Administration de la médication

  • Le ténofovir disoproxil/emtricitabine (Truvada MD) est le seul médicament autorisé par Santé Canada pour usage dans le cadre de la PPrE.
  • Étant donné qu'il existe plus de preuves en faveur de l'efficacité de ce médicament, seule cette option est retenue pour la PPrE, à la fois par le groupe d'experts canadiens et par le comité d'experts québécois. La prise quotidienne de ténofovir disoproxil/emtricitabine 300/200 mg est recommandée.
  • Pour les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH), le ténofovir disoproxil/emtricitabine 300/200 mg administré à la demande pourrait aussi être envisagé (deux pilules prises ensemble de 2 à 24 heures avant la première exposition sexuelle, puis une pilule tous les jours, jusqu'à 48 heures après la dernière activité sexuelle).

Visites de suivi

Un suivi régulier est nécessaire à la fois pour rechercher les signes et symptômes de l'infection aiguë au VIH et de la toxicité des médicaments et pour réaliser un test de dépistage du VIH et des autres ITSS, par exemple.

L'adhésion est un facteur clef du succès de la PPrE. Elle doit faire l'objet d'un soutien au départ et à chaque visite durant le suivi des personnes recevant le traitement préventif.

Qu'en est-il de la prophylaxie postexposition (PPE) pour un patient sous PPrE?

Lorsque l'adhésion à la PPrE est optimale, il n'y a pas d'indication d'utiliser la PPE après une exposition à risque. Par contre, la PPE peut être envisagée après une exposition à risque, si l'adhésion à la PPrE n'était pas optimale.

Que nous disent les études les plus récentes sur la PPrE?

  • L'efficacité de la PPrE varie entre 44 et 86 % (différence d'incidence de l'infection entre le groupe sous PPrE et le groupe ayant reçu le placebo).
  • Dans toutes les études, l'adhésion constitue un facteur clef de l'efficacité : parmi les sujets ayant un taux de médicament détectable dans le sang, l'efficacité peut atteindre 92 %.
  • Peu d'effets indésirables significatifs ont été rapportés.
  • Chez les HARSAH sous PPrE, une fréquence élevée d'ITSS a été observée. Ainsi, le dépistage des ITSS doit être effectué fréquemment dans ce groupe de population.
  • Peu de cas de résistance aux antirétroviraux ont été observés dans les essais cliniques. La cause principale de la résistance était la présence d'une primo-infection à VIH non décelée à l'instauration de la PPrE.

La prophylaxie préexposition est un outil de prévention au regard de l'acquisition de l'infection à VIH. Elle s'inscrit dans une démarche globale de prévention combinée, laquelle repose sur plusieurs aspects dont il faut faire la promotion, tels que counseling, éducation sur la prévention des ITSS (usage du condom, recours à des pratiques plus sécuritaires).

Situation du VIH au Québec

Les populations les plus touchées demeurent les HARSAH, les personnes utilisatrices de drogues par injection et les personnes hétérosexuelles originaires de pays où l'infection par le VIH est fortement endémique. Ces trois groupes représentent 83,3% des nouveaux diagnostics déclarés en 2015.

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